Douleur genou

Découvrez la douleur chronique du genou


Douleur chronique du genou

Est-ce possible d'avoir mal depuis des années ? Que peut-on faire ?


Par définition une douleur chronique rebelle aux traitements usuels peut durer des mois, parfois des années : au minimum 3 mois selon la définition de l'International association for the study of pain. Cette douleur nécessite d'être évaluée sous tous ses aspects (somatiques et psycho-sociaux), avant d'envisager une thérapeutique adaptée.

Quelles sont les causes des douleurs chroniques ?


Ces douleurs ont des origines diverses. Il existe des douleurs de genou chroniques d'origine neurologique par lésion du système nerveux périphérique ou central, des douleurs rhumatologiques et musculo-squelettiques. Dans tous les cas, ces douleurs sont pluridimensionnelles mêlant aux facteurs somatiques une dimension psycho-affective. À l'inverse, une maladie dépressive peut s'exprimer uniquement sur un mode douloureux (céphalées, lombalgies).

Quels sont les mécanismes des douleurs chroniques rebelles ?


Ces douleurs-maladie ont des retentissements généraux au-delà de l'organe ou de la partie du corps concernés. La composante psycho-affective de la douleur est déterminante. La personne malade amplifie parfois inconsciemment sa plainte de peur que sa douleur soit niée ou mal comprise par son entourage familial et professionnel. La crainte persiste que cette douleur soit mise en doute par des soignants déjà consultés et en échec thérapeutique. À la plainte douloureuse s'ajoutent une fatigabilité anormale, une perte d'intérêt, des troubles de l'attention ou du sommeil, une modification du comportement (repli sur soi, baisse d'activité, désinvestissement général.).

J'ai toujours aussi mal, faut-il arrêter d'en chercher la cause ?


L'excès de recours à la médecine (nomadisme médical, recherche vaine d'un diagnostic méconnu, examens complémentaires répétés, abus médicamenteux, chirurgies itératives) renforce la plainte douloureuse, voire crée des douleurs iatrogènes. Dans ce contexte, le handicap fonctionnel a tendance à s'auto-entretenir, non seulement par la douleur mais aussi par les effets secondaires des traitements.

Quelles peuvent être les répercussions sur le plan social ?


La situation socioprofessionnelle et financière de la personne peut être gravement affectée induisant des demandes d'indemnisations compensatrices qui constituent parfois des facteurs pervers de renforcement de la douleur. En situation d'accident du travail, la consolidation est crainte par le malade qui redoute qu'elle ne conduise à un déni des douleurs et des préjudices ressentis. Le conflit avec l'employeur et les organismes sociaux favorise la chronicité des douleurs.

Quelle est la démarche spécifique de ces structures « douleur » ?


L'approche initiale est fondamentale (une, voire plusieurs, consultations nécessairement de longue durée) pour réaliser une évaluation pluridimensionnelle : clinique et paraclinique, somatique, psychologique et sociale (approche bio-psycho-sociale). Elle comporte notamment :
- une analyse sémiologique pour préciser les mécanismes de la douleur chronique (hyperalgésie, allodynie...) ;
- une évaluation psychologique pour déterminer l'insertion de la douleur dans l'histoire de la personne (sens donné à la douleur, représentations, attentes, remaniements affectifs) ;
- un bilan social pour établir le retentissement du syndrome douloureux chronique et repérer l'influence des facteurs sociaux sur la pérennité de la douleur.

Par la suite, après la synthèse pluridisciplinaire, le projet thérapeutique (multimodal) sera discuté avec la personne malade : explication, éducation, engagement dans la durée, rôle des différents partenaires (malade, famille, médecin traitant, structures douleur).

Ce projet sera régulièrement évalué et réajusté. Le suivi doit permettre de corriger les erreurs d'interprétation de la douleur et d'enrayer les cercles vicieux comportementaux et émotionnels en visant la reprise d'activités.

Quand faire appel à une structure de la douleur chronique rebelle ?


Dès que la douleur est jugée chronique et même si possible avant qu'elle ne puisse être qualifiée de rebelle, il faut contacter une structure douleur. Plus la prise en charge pluridisciplinaire est précoce plus les chances de contrôle et de réinsertion sont grandes.