Douleur au genou qui persiste


Douleur genou : Ce dossier est destiné aux patients souffrant de douleurs persistantes, mal soulagées par les méthodes habituelles de traitement. Son but est de les aider à comprendre leur état. Elle explique les moyens de traitement qui peuvent être proposés dans les consultations spécialisées de la douleur. Ce dossier traite de la douleur au genou en général. Elle correspond plus ou moins à chaque cas particulier. Vous pouvez même ne pas être d'accord avec certaines idées. Le plus important est d'en discuter avec votre médecin.

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genoux


Douleur genou


  • Douleur au genou qui persiste


    Vous vous plaignez d'un "mal au genou", d'une "arthrose", d'un "mal au ménisque" ou de toute autre douleur au genou. Malgré les traitements, votre douleur persiste. Habituellement, le traitement d'une douleur se confond avec celui de sa cause. Lorsque c'est insuffisant, on doit faire appel à une approche thérapeutique différente. La douleur devient la maladie à traiter. Le but de cette brochure est de vous aider à comprendre votre douleur, de vous expliquer l'approche thérapeutique que l'on peut proposer pour la combattre.

    Vous avez consulté plusieurs médecins (généralistes, spécialistes), plusieurs hôpitaux... Vous avez subi de nombreux examens : radiographie, prises de sang ... Tous les examens utiles ont été faits et, malgré cela, les traitements poursuivis n'améliorent pas ou peu votre douleur. Les calmants ont peu d'effets. Leur prise régulière vous fait même redouter des effets secondaires. Vous avez essayé d'autres méthodes : l'acupuncture, l'homéopathie... sans succès.
    Douleur genou qui persiste

    Par ailleurs, cette douleur persistante vous perturbe psychologiquement. Elle vous fatigue, vous inquiète, vous rend nerveux, vous déprime. Vous êtes las de consulter les médecins. Vous vous interrogez sur la cause exacte de cette douleur. Tous les examens ont-ils réellement été faits ? Quel est le bon diagnostic ? Où trouver le bon traitement ? On vous a peut-être suspecté ou accusé d'avoir une douleur imaginaire. On a pu vous dire : "c'est dans votre tête". On a pu vous adresser "au psychiatre" et votre réaction a été : "on ne me croit pas", "ils me prennent pour un fou" car votre douleur, celle que vous ressentez est bien réelle.

    Au cours de ces consultations répétées chez les médecins, vous avez pu entendre des avis contradictoires sur votre état, sur les traitements à essayer. Tout ceci ne fait qu'accentuer votre doute et vous empêche d'avoir une compréhension satisfaisante de votre douleur.

    Que la cause exacte de la douleur soit connue mais ne puisse être traitée directement, que la cause demeure inconnue, douleur chronique ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'espoir. Il nous parait utile que vous sachiez ce qu'est une douleur chronique. Les conceptions populaires sont très éloignées de la nature exacte des phénomènes. Une idée fausse sur votre état ne peut que faire obstacle à votre guérison.

    Ce dossier va aborder le problème de la douleur chronique en général. Elle résume un ensemble de données qui ne s'adressent pas obligatoirement à chaque cas particulier. Votre cas doit, bien entendu, être discuté avec votre médecin ou l'équipe médicale qui vous traite. Il n'y a pas une mais des douleurs. Il n'y a pas une, mais des attitudes thérapeutiques.

    Notions indispensables pour être soulagé de la douleur au genou


    Il faut avant tout que vous sachiez que guérir d'une douleur chronique est possible. Même si cette douleur évolue depuis plusieurs années. Même si cette douleur est particulièrement intense. C'est possible en sachant que, dans la majorité des cas, l'amélioration nécessitera votre participation active.

    Trois éléments fondamentaux vont conditionner le succès des traitements :

    1. Comprendre la nature de votre douleur : De nombreux processus sont capables de créer, d'entretenir, d'amplifier une douleur. Une bonne compréhension de ces facteurs, de leur rôle, est essentielle.

    2. Accepter la réalité de votre douleur : Il ne suffit pas d'accepter superficiellement, mais d'aller en profondeur. Il faut admettre la douleur dans son ensemble, avec des réactions psychologiques qui l'accompagnent. Il faut accepter la signification de votre douleur, le rôle qu'elle joue dans votre vie.

    3. Adhérer aux traitements prescrits en faisant confiance et en coopérant avec l'équipe médicale soignante.

    Qu'est-ce que la douleur chronique au genou ?


    Définir la douleur n'est pas une chose facile. Pourtant, la réalité du phénomène n'échappe à personne. Ce qui caractérise la douleur, c'est qu'il s'agit d'une expérience désagréable, subjective, individuelle. Il faut savoir que de nombreuses personnes assimilent la sensation de douleur à la cause de la douleur. Il y a une nuance qui n'est pas toujours évidente. La confusion est entretenue par le fait que, dans la majorité des douleurs récentes ou aiguës, le traitement de la douleur est celui de la cause. Pour la douleur chronique, le traitement ne sera pas obligatoirement ou exclusivement celui de la cause. On doit envisager l'expérience douloureuse dans son ensemble.

    Une autre difficulté provient du fait que les individus réagissent différemment à la douleur. On dit couramment de certaines personnes qu'elles sont "résistantes à la douleur", "dures au mal", ou, au contraire, "douillette". Ces variations de sensibilité à la douleur entretiennent le doute que certaines personnes "exagèrent" leur douleur.

    Réactions psychologiques de la douleur au genou


    Une douleur qui dure depuis plusieurs mois, plusieurs années, s'accompagne de difficultés psychologiques. Ce fait est habituel, presque obligatoire. Cela ne veut pas dire pour autant que vous êtes malade mental. Dès que l'on parle réaction "psychologique", "mentale", "émotionnelle", vous pensez automatiquement "folie". Vous êtes méfiants, sur la défensive.

    La majorité des douleurs chroniques sont secondaires à une maladie ou à un accident. Progressivement, le désordre physique provoque des réactions psychologiques diverses : fatigue, insomnie, tension nerveuse, anxiété, dépression. Avec le temps, ces réactions psychologiques constituent un facteur d'exacerbation, d'entretien de la douleur. On se trouve devant un mécanisme de cercle vicieux. La douleur devient le centre de votre vie, vous avez cessé de travailler, vous n'avez plus de loisirs, vous ne voyez plus d'amis...

    Utilisez le phénomène d'attention-distraction pour diminuer la douleur chronique


    Les phénomènes d'attention-distraction jouent un rôle capital dans la douleur chronique. Les données expérimentales et cliniques indiquent qu'une douleur augmente lorsqu'un sujet est préoccupé par sa douleur, lorsque son attention est focalisée sur sa douleur. A l'inverse, lorsqu'un sujet est distrait de sa douleur, c'est-àdire que son attention est captée par diverses activités attrayantes (émissions de T.V., de radio, conversations intéressantes...), la douleur paraît alors diminuer. La douleur n'est plus ressentie, elle est oubliée. Ce phénomène est physiologique et a été confirmé expérimentalement en laboratoire.

    Combattre la douleur avec des trucs psychologiques


    En dehors des réactions organiques ou psychologiques qui entretiennent une douleur, il existe souvent des conceptions ou des idées inexactes qui contribuent également, plus ou moins consciemment, à entretenir une douleur.

    "Toute activité m'est impossible"
    Une douleur chronique peut provoquer différents changements dans la vie quotidienne du patient : besoin de repos, arrêt de travail, réduction des loisirs... La raison invoquée est que toute activité augmente la douleur. En fait, une analyse objective montre que ce n'est pas toujours exact. Habituellement, on considère que le travail est impossible à cause de la douleur. En réalité, il est souvent plus difficile de rester inactif, seul avec sa souffrance, que d'être absorbé par son travail ou toute autre activité attrayante. L'arrêt ou la poursuite d'une quelconque activité ne doit pas être un phénomène de tout ou rien : il y a souvent une solution intermédiaire entre l'arrêt complet et l'impossibilité à travailler 8 à 10 heures par jour. Nous avons déjà abordé l'importance des phénomènes de distraction.

    "Que la vie serait belle sans ma douleur"
    La douleur est parfois invoquée pour ne pas assumer les problèmes de la vie quotidienne (problèmes de couple, travail...). Or, très souvent, ces problèmes se poseraient de façon identique si la douleur disparaissait. La douleur sert de prétexte pour éviter d'affronter certaines difficultés.

    "Je dois avoir quelque chose de sérieux"
    La persistance d'une douleur, l'absence de traitement réellement actif, tout ceci fait penser au malade, à son entourage, que la maladie doit être grave. Ceci est vrai pour une douleur récente qui peut constituer le premier signe d'une urgence médicale ou chirurgicale. Les douleurs chroniques sont très exceptionnellement dues à des maladies graves.

    "Avoir mal, c'est ce qu'il y a de plus terrible" L'importance accordée à la douleur diffère beaucoup selon la culture, la religion. Dans la société moderne, la douleur est considérée comme une manifestation inutile et le malade réclame le droit (justifié) à ne plus souffrir. Pour les chrétiens, la douleur reste attachée à un aspect rédempteur. Pour les bouddhistes, la douleur est une manifestation de la vie qu'il faut apprendre à maîtriser. Ces variations, selon les cultures, les religions, indiquent clairement que l'importance de la douleur dépend de la signification accordée à la douleur.

    "Personne ne peut m'aider"
    Même après l'échec de nombreux traitements, on peut améliorer une douleur. Il ne s'agit pas d'inventer subitement une solution magique mais d'utiliser une approche thérapeutique, combinant divers moyens disponibles médicamenteux, physiques, psychologiques, toutes les techniques se combinant. Il faut également savoir que les recherches sur la douleur progressent régulièrement et que de nouvelles méthodes apparaissent.

    Toutes ces affirmations et d'autres peuvent, par les conséquences qu'elles supposent, servir de facteurs d'entretien d'une douleur. Il faut comprendre votre cas et aborder ces questions avec votre médecin ou l'équipe médicale qui vous traite.